lundi 19 juin 2017

Capacité de rétention des substrats : méthode européenne ou méthode française ?

Un substrat est caractérisé par une phase solide et des espaces lacunaires appelés aussi porosité. L’agencement de ses constituants solides (organiques et minéraux), leur proportion et leur granulométrie, permettent de retenir des fluides de deux types :
  • Une phase aqueuse, qui contient des éléments minéraux ou organiques en suspension ou en solution  et qui va assurer l’alimentation des plantes en eaux et en éléments nutritifs ;
  • Une phase gazeuse , permettent d’assurer les échanges en oxygène et dioxyde de carbone qui interviennent au niveau de la respiration racinaire.
Au laboratoire, il est possible de mesurer la proportion de cette phase aqueuse par rapport au volume de substrat utilisé afin d’évaluer le volume d’eau mis à la disposition des racines des plantes : c’est la mesure de la capacité de rétention à pF1. La normalisation des supports de culture selon la norme de dénomination NF U 44-551 impose comme valeur d’étiquetage la capacité de rétention pour l’eau selon la norme analytique NF EN 13041, qui est une norme européenne. Cependant, au laboratoire, persiste encore la pratique de la méthode française issue de la norme U 44-175 (norme annulée en 2012).
Cet article de l’’AgroReporter détaille les différences entre ces deux méthodes, et les incidences qu’elles pourraient avoir pour le producteur. 

Principe de mesure
Le principe consiste à simuler l’action des racines, c’est-à-dire à exercer une pression de succion semblable à celle que les racines sont capables d’exercer sur un substrat, afin d’évaluer la quantité d’eau que la plante peut utiliser.
Globalement, les deux méthodes, française ou européenne, permettent de mesurer la teneur en eau moyenne maximale que peut retenir un substrat placé dans un contenant de culture après saturation complète et ressuyage libre. Cette quantité d’eau, appelée généralement capacité en eau à pF1, dépend de l’épaisseur du substrat et du rapport entre le diamètre et la hauteur du contenant.
En culture, cette valeur est rarement atteinte du fait de la mouillabilité du matériau (certaines tourbes peuvent être difficiles à réhumecter si elles ont subi un stress hydrique trop important), ou des irrégularités d'arrosage.

Au laboratoire
Au laboratoire, la comparaison des substrats impose une préparation standardisée des échantillons, en particulier en ce qui concerne le rapport épaisseur / diamètre.
Les principes respectifs des normes Française et Européenne sont résumés ci-dessous : 

 https://www.aurea.eu/wp-content/uploads/2017/05/Copie-de-protocole-illustre_fig_MCP_V2_MLG.pdf

Le choix et les résultats
Les écarts de mesure observés entre les deux méthodes sont faibles et dépendent des matières premières utilisées. C’est l’objectif de l’analyse qui va orienter le laboratoire  plus précisément  vers l’une ou l’autre de ces méthodes.
Globalement, la mesure de la capacité de rétention en eau à pF1 permet de caractériser un support de culture notamment avant utilisation. Dans ce cadre, la normalisation impose la méthode européenne NF EN 13041  (plus longue en terme de méthodologie que la méthode Française).
Mais les mesures physiques permettent aussi de cerner le comportement du substrat en cours de culture. Car les substrats organiques sont des milieux vivants, susceptibles d’évoluer dans le temps en fonction des saisons, des modes d’irrigation et de la colonisation racinaire. Ainsi, un producteur effectuant une analyse physique en cours de culture pourra vérifier si les valeurs des résultats ont évolué ou pas. Une diminution de la teneur en air à pF 1, une capacité de rétention en eau à pF 1 qui augmente sont autant d’indicateurs d’une dégradation du substrat (production de fine). Il convient alors de corriger les doses d’arrosage. Dans ce cas,  la rapidité de la méthode employée par le laboratoire prend tout son sens,  ce qui oriente la méthode d’analyse de la capacité de rétention en eau vers la méthode Française (résultats en 2 semaines, au lieu de 3 semaines pour la méthode européenne).

Le laboratoire Auréa AgroSciences est en mesure de réaliser les mesures de capacité de rétention selon ces deux méthodes, ainsi que l’ensemble des analyses physico-chimiques et microbiologiques de caractérisation des substrats. N’hésitez pas à nous contacter. 

Article coordonné par : Marie-Claire Pajot  – Référente technique Cultures Spécialisées (Auréa AgroSciences)

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