vendredi 30 septembre 2016

Ecophyto, le DEPHY agronomique



L’utilisation croissante de produits phytosanitaires en agriculture a été, avec l’emploi d’engrais chimiques et l’amélioration génétique des variétés, un des facteurs principaux de l’augmentation de la production agricole observée depuis le début du 20ème siècle. L’impact sur l’environnement a été lui aussi croissant. Les pouvoirs publics sur le plan européen ou national ont du prendre des initiatives ces dernières années pour réduire ou améliorer l’utilisation des pesticides (au-delà de la simple fixation réglementaire de teneurs en résidus dans les denrées), et limiter leur impact sur l’environnement. A l’occasion de la sortie du plan Ecophyto 2, l’Agroreporter revient brièvement sur le bilan des premières actions engagées en France et sur les interrogations auxquelles l’agriculture est  confrontée aujourd’hui plus que jamais. 

ECOPHYTO ET RESEAU DEPHY

A la suite du Grenelle Environnement en 2008, un plan baptisé  « Ecophyto 2018 » a été lancé pour diminuer le recours aux produits phytopharmaceutiques, en zones agricoles et non agricoles, tout en continuant à assurer un niveau de production élevé tant en quantité qu’en qualité. Ce plan visait à réduire, si possible, de 50 % en dix ans l’usage en France des produits phytosanitaires.
Le réseau DEPHY, réseau de Démonstration, Expérimentation et Production de références sur les systèmes économes en phytosanitaires constitue une action majeure du plan Ecophyto 2018.
Des techniques alternatives et innovantes ont ainsi pu être créées et diffusées à travers un réseau d’exploitations agricoles et de sites expérimentaux, appelé DEPHY. Ce groupe comporte actuellement 1900 fermes. C’est un réseau de production de référence et de démonstration, composé de groupes d’exploitations qui couvrent les cinq types de productions que sont la polyculture-élevage, les grandes cultures, l’arboriculture fruitière, les productions légumières ainsi que la viticulture. Des stations expérimentales et des sites ateliers viennent compléter ce réseau de fermes.


INDICATEURS IFT ET NODU DE SUIVI DE LA CONSOMMATION
Des indicateurs, dont les principaux sont l’IFT et le NODU, ont été créés pour suivre l’évolution des pratiques agricoles concernant l’usage des produits phytosanitaires :
• L’indice IFT (Indice de Fréquence de Traitement phytosanitaire) :  il est calculé à partir du nombre de doses homologuées de pesticides utilisés par hectare au cours d’une campagne. Il peut être décliné pour une parcelle, une exploitation ou un territoire et par catégories de pesticides.
Pour un traitement, le calcul se fait selon la formule suivante :
IFT = Dose/ha appliquée x surface traitée / Dose /ha minimum x surface parcelle
En fin de culture, on somme les IFT sur la parcelle en distinguant les produits herbicides et les autres produits. L’IFT « herbicide » inclut les désherbants utilisés en culture et en interculture. L’IFT « non herbicide » va rassembler les fongicides, les insecticides, les antilimaces. Les traitements des semences ne sont pas pris en compte.
Un calcul de l’IFT global de l’exploitation peut également être fait. Chaque exploitant peut ainsi s’autoévaluer en comparant les données de son exploitation avec celles du référentiel régional, par culture ou par exploitation.
4 classes  ont été répertoriées selon le classement de l’indice IFT par rapport à la référence régionale :
• Le NODU (NOmbre de Doses Unités) : il correspond à un nombre de traitements « moyens » appliqués annuellement sur l’ensemble des cultures à l’échelle nationale, et se calcule à partir des données de ventes des distributeurs de produits phytosanitaires (voir la note méthodologique du NODU) .  Il s’affranchit des substitutions de substances actives par de nouvelles substances efficaces à plus faible dose puisque, pour chaque substance, la quantité appliquée est rapportée à une dose unité (DU) qui lui est propre. Ainsi, rapporté à la surface agricole utile (SAU), le NODU permet de déterminer le nombre moyen de traitements par hectare.

PREMIERS RESULTATS DU PLAN ECOPHYTO 2018
Les résultats issus du réseau DEPHY sont relativement modestes et ont montré une baisse de l’indice de fréquence de traitement (IFT) de 10% en moyenne en grandes cultures et polyculture-élevage, 12% en arboriculture, 15% en légumes, 38% en horticulture et 22% en canne à sucre.


En revanche, sur l’ensemble du territoire, le plan Ecophyto 2018  a été considéré comme un échec comme l’a confirmé le chef de la mission d’évaluation, au moins si l'on se cantonne à l'effet "réduction de l'usage des produits"(«Six ans après son démarrage fin 2008, le plan n’a pas eu les résultats espérés puisque les indicateurs de suivi (...) ne montrent pas de tendance à la baisse»).

ECOPHYTO 2, OBJECTIF 2025

Le gouvernement, parmi les initiatives sur le plan national, a lancé le plan ECOPHYTO2 qui garde un objectif de réduction quantitative de l'usage des produits d’ici 2025, de moitié.

Ce plan est décliné en 6 points :
1. Faire évoluer les pratiques et les systèmes agricoles.
2. Amener de l’innovation et la diffuser.
3. Renforcer le dispositif de suivi et adapter les méthodes d’évaluation.
4. Supprimer l’utilisation des pesticides là où c’est possible.
5. Renforcer l’appropriation du plan par les acteurs concernés.
6. Communiquer
Comment produire autant, des produits qualitatifs et en utilisant moins de pesticides ? Tel est le projet ambitieux de ce plan ECOPHYTO2. La réponse passera forcément par des solutions combinant plus d’agronomie, et associant la recherche (notamment sur les moyens d’activer les défenses naturelles des plantes), la mise en œuvre de bonnes pratiques applicables au matériel  d’application des produits, la sélection variétale … Les instituts comme Arvalis sont directement concernés par cette problématique et proposent des réponses (Lire "quelles-solutions-pour-s-adapter-au-plan-ecophyto-2018"  Lire "le-dossier-eco-phyto-2018-vu-par-arvalis" )
Auréa AgroSciences, propose l’analyses des résidus de pesticides notamment dans les matrices fruits et légumes et est accrédité depuis 2006 par le Cofrac sur le programme 99-2. Dans le cadre des analyses qui nous sont confiées, nous sommes en mesure de vous fournir des rapports mentionnant les limites maximales de résidus en vigueur (LMR). N’hésitez pas à nous contacter !


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Article coordonné par : Hamid Tbal  - Responsable Scientifique (Auréa AgroSciences)  et Bernard Plat – Chef de marché et Référent technique Contaminants des Denrées Alimentaires (Auréa AgroSciences)  Nous contacter

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