jeudi 3 mars 2016

Des fleurs et des virus



La filière de production horticole constitue un potentiel économique important. Elle représente, toutes productions ornementales confondues, 1,4% du nombre total d'exploitations agricoles et 6% de la valeur de livraison des produits végétaux. C'est l'un des secteurs qui emploie le plus de main-d'œuvre en agriculture .
Ce qui indéniablement constitue l'attrait et la valeur d'une plante d'ornement, c'est bien sûr son aspect visuel. Aussi, tout ce qui l'affectera posera problème quant à la gestion de sa production et de sa commercialisation.
Les  symptômes occasionnés par les maladies des plantes ornementales font donc l'objet d'une attention plus que soutenue. On distinguera les désordres d'origine abiotiques, dont la gestion relève d'une approche agronomique et culturale, et les maladies d'origine biotique liées à des infections par des agents pathogènes microbiens. Ces dernières, en raison des symptômes occasionnés et du potentiel de dissémination dans les cultures, constituent des menaces graves et récurrentes pour le bon déroulement des cultures. Les agents pathogènes responsables de ces maladies sont extrêmement divers quant à leur nature à leur biologie de développement : champignons (maladies cryptogamiques), bactéries, virus, phytoplasmes, viroïdes, nématodes… Parmi ces agents pathogènes, les virus constituent des microorganismes singuliers, et occupent une place à part que l’Agroreporter a décidé de vous présenter dans cet article.

 
CARACTÉRISTIQUES DES MALADIES VIRALES DES PLANTES

On connait à ce jour plusieurs milliers de virus capables d’infecter les espèces animales et végétales. Ce sont des parasites intracellulaires obligatoires, capables de se multiplier uniquement dans les cellules vivantes des organismes qu'ils envahissent. Pour assurer leur propre multiplication aux dépens de leur hôte, ils utilisent les mécanismes normaux du métabolisme de la cellule. On comprend alors pourquoi il est si difficile de lutter chimiquement contre ce type d'organisme.
Dans le cas des végétaux cultivés, les maladies provoquées par des virus ont donc des caractéristiques propres qui les distinguent de celles occasionnées par les autres microorganismes pathogènes : ce sont des maladies généralisées, persistantes et incurables.
  • Les maladies à virus sont généralisées. En effet, le virus envahit presque toutes les parties du végétal. C'est la raison pour laquelle les plantes ornementales multipliées par voie végétatives (boutures, bulbes, rhizomes…) sont les plus touchées par ce genre d'infection. 
  • Une fois infectée, la plante le demeure (maladie persistante). En effet les végétaux ne disposent pas de mécanismes de défense comparables au système immunitaire des mammifères supérieurs, basé sur des cellules immunitaires circulantes. Leur résistance aux maladies infectieuses repose sur d’autres modes de défense, comme des changements de redox cellulaire ou des cascades de réactions enzymatiques, et beaucoup d'autres réponses qui activent directement des modifications cellulaires (telles que le renforcement de la paroi cellulaire ou la production de composés antimicrobiens). On observe également des changements dans l'expression des gènes qui ensuite augmentent les réactions de défense des plantes.
  • Il n'existe pas non plus de procédé de lutte chimique directe « anti-virus » contre les infections virales des plantes. Les seules luttes efficaces contre les viroses des plantes sont les mesures prophylactiques consistant, entre autre, à détruire les plantes virosées (maladie incurable).
On comprend pourquoi la lutte contre les maladies à virus dans les cultures végétales, et plus particulièrement dans les cultures ornementales, passe par la maitrise de leur état sanitaire par l’usage d’outils de diagnostic, à la fois efficaces et sensibles, permettant de déceler au plus tôt, avant même l’apparition des premiers symptômes, les marqueurs de l’infection virale.

QUELQUES EXEMPLES DE VIRUS DES PLANTES ORNEMENTALES...
  • Tomato Spotted Wilt Virus (TSWV)
    Virus appartenant au Groupe des Tospovirus. Ubiquiste, il est capable d'infecter de très nombreuses cultures végétales. Il est entre autre transmis par un insecte vecteur, le Thrips Frankliniella occidentalis. Il peut infecter le Cyclamen, chez lequel il provoque des nécroses foliaires et des déformations des fleurs. Il peut également infecter le Chrysanthème et le Dahlia.
                            
  • Cucumber Mosaic Virus (CMV)
    Virus appartenant au Groupe des Cucumovirus, il est lui aussi doté d'une vaste gamme d'hôtes. Il est transmis par différentes espèces de pucerons, dont Aphis gossypii et Myzus persicae. Il infecte le Pétunia, chez lequel il provoque des symptômes de mosaïque, ainsi qu'une réduction de la taille des feuilles, celles-ci devenant étroites et filiformes.

  • Odontoglossum Ring Spot Virus (ORSV)
    Virus appartenant au Groupe des Tobamovirus. Il infecte l'Orchidée, chez laquelle il provoque des symptômes de panachures florales, de nécroses foliaires et affecte également toute la physiologie de la plante (diminution du nombre de hampes florales, diminution de la taille des fleurs...).
       

AUREA PHYTO-DIAGNOSTIC : une offre diversifiée et complète

Depuis maintenant une quinzaine d'années, le Laboratoire propose aux acteurs de la filière horticole une offre diversifiée couvrant l'essentiel des besoins de la profession en matière de Phyto-Diagnostic.

Analyses en prestations de service :
Recherche de pathogènes (virus, bactéries et champignons) et confirmation de symptômes. Contrôle de l'état sanitaire des pieds-mères, des jeunes plants et cuttings. Contrôle des supports de culture (sols, terreaux). Méthodes : tests ELISA et PCR, isolement sur milieu de culture.
(Re)lire les articles de l’AgroReporter présentant ces méthodes :
- ELISA mène l’enquête
- Le gène de la PCR

Pour les entreprises équipées d'un laboratoire :
Fourniture de réactifs et consommables pour le test ELISA (virus et bactéries)
Kits de détection pour le terrain :
Gamme POCKET DIAGNOSTIC : tests rapides (réponse en moins de 5 minutes) utilisables sur le terrain (en serre ou au champ) pour la détection des principaux agents pathogènes des cultures ornementales (virus, bactéries, champignons)

+ d'informations : contact

Article coordonné par : François Poul - Référent Technique Phytopathologie & Biotechnologie, Responsable du Laboratoire Phyto-Diagnostic  (Auréa AgroSciences)


(1) Une récente enquête de France Agrimer (2014) fait apparaitre les éléments suivants : il y a actuellement environ 4000 horticulteurs et pépiniéristes en activité en France métropolitaine. Ils dégagent un chiffre d'affaire total de 1,8 milliard d'euros (ce qui représente de l'ordre de 30 € par français et par an). La production couvre une surface globale de culture de 16600 hectares, dont 1800 hectares de serres et 2000 hectares de plateformes hors sol (conteneurs). L'activité génère 21000 emplois directs en équivalents temps plein, dont 12400 emplois salariés permanents (soit 58% du total).

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